
Certaines directions d’école du département ont été invitées par leur IEN à s’inscrire au plus vite à la session du stage intitulé « Prévention et gestion de crises », mis en place par l’Académie de Versailles, en lien avec la Gendarmerie nationale. Le flyer utilise un lynx comme logo.
Ce stage se déroule sur trois jours et deux nuits, sans interruption, soit 60 heures d’affilée, dans une caserne militaire, à Beynes dans les Yvelines. Outre le fait qu’il faille sortir du département – à ses frais -, ce qui étonne est à la fois la durée de ce stage – totalement hors cadre – et le lieu d’hébergement, une caserne militaire où les allers et venues sont réglementés.
Les directeurs qui y participent ne peuvent donc pas sortir de la caserne, ne serait-ce que pour faire une pause. Ils sont coupés de l’extérieur, et à chaque instant, nous dit-on, « ils peuvent être mis dans une situation d’urgence ». Ce stage se déroule « sur le temps scolaire » : on apprend maintenant que le temps scolaire peut aller du lundi au mercredi inclus, nuits comprises !
Pour le DASEN, il s’agit d’un sujet important en raison d’un article paru sur le Café pédagogique, pas du tout au gout de l’administration.
De quoi s’agit-il ? D’éléments complémentaires de formation, où le stagiaire serait coupé de ses habitudes. En mars 2024, 4 sessions ont lieu, ce qui a concerné 40 directeurs et directrices. Le retour serait « très positif ».
En quoi cela consiste-t-il ? A être mis à chaque instant et de manière soudaine et totalement inattendue dans une situation de « crise extrême ». Cela nous laisse perplexe : les collègues peuvent être mis dans une situation stressante voire psychiquement violente à n’importe quel moment de leur stage de 60 heures : heures de repas, sommeil, … douche aussi ? … D’où le fait qu’ils doivent rester dans la caserne, et ne pas pouvoir recevoir ou passer d’appels. Cela signifie aucune pause, aucune décompensation possible avant la fin du stage. : c’est du non-stop.
Face à notre incrédulité, le DASEN ajoute que les participants ont été très contents et qu’ils ont pour certains demandé à participer à la phase 2 de ce stage dès que possible. Nous apprenons donc ainsi qu’il y aurait plusieurs phases à ce stage, comme pour les labellisations E3D, pHAre, …
Le SNUDI-FO pose donc la question : puisque les formations sur les temps des vacances scolaires sont payées 120 euros par jour, … les nuits sont-elles payées ?
Ce n’est pas nécessaire, car c’est « sur la base du volontariat » et c’est très vite complet ! Ainsi les demandes seraient telles qu’il ne serait pas nécessaire de motiver par une rémunération. Nous n’avons pas alors posé la question si les stagiaires doivent payer leurs deux nuitées et leurs repas comme à l’hôtel !
Mais s’agit-il bien du même métier ? On nous parle de « situations de crises extrêmes » – sans plus de précision sur ce que cela signifie – sur le temps des repas – ce qui serait fortement perturbant, nous est-il toujours dit : certes, mais qui déjeune ou dine sur son temps de service ? Durant la pause méridienne, les directions qui encadrent la cantine sont des employés municipaux. On nous parle aussi des réveils brutaux en pleine nuit, ce qui serait davantage perturbant … On veut bien le croire mais qui dort la nuit dans son école ? De plus, quelle école risque vraiment de subir une intrusion/attentat en pleine nuit, alors qu’elle est fermée et déserte ? Il nous est répondu qu’il s’agit d’un cadre plus large, celui de la vie de tous les jours.
Tout ce qui est évoqué est hors cadre de nos obligations de service. Notre métier est d’être enseignant (et directeur) : quel rapport cela aurait-il avec le métier de force de l’ordre, mobilisable jour et nuit, aux fonctions et aux missions bien différentes des nôtres ?
Pour le SNUDI-FO, c’est OUI pour des formations avec différents partenaires extérieurs, que ce soit avec la police ou la gendarmerie … Mais pas en dehors de nos obligations de service, encore moins en dehors du cadre de notre métier. Faudrait-il maintenant que les directions d’école deviennent … pompiers ? … médecins urgentistes ?
Pour le SNUDI-FO, c’est NON pour ces managements empruntés à d’autres métiers, militaires ou pas.