Force Ouvrière - Syndicat des enseignants et des AESH du premier degré des Hauts-de-Seine

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Déclaration liminaire CAPD du 1er juillet 2021
Publié le 2 juillet 2021 | SNUDI-FO 92

Madame la Directrice Académique,

L’année scolaire 2020/2021 a été extrêmement éreintante pour les collègues : port du masque, couvre-feu, autorisation de déplacement, fermeture inopinée de classe, adaptation permanente pour faire classe à distance avec des support qui tombent en panne, modification des vacances, conflits avec des parents, listing à transmettre en urgence pour signaler les cas contacts, multiples changements des consignes ministérielles ….

Depuis des mois, notre organisation syndicale n’a eu de cesse de rappeler l’urgence et la nécessité de recruter des enseignants fonctionnaires d’Etat et des AESH pour faire face à la situation de l’Ecole. Mais depuis mars 2020, le gouvernement a préféré assurer 560 milliards de prêts garantis à des entreprises qui depuis, licencient des milliers de travailleurs. Pas un centime n’a été déboursé pour investir dans l’éducation.

En refusant de recruter massivement des enseignants titulaires, alors que le Ministre a rendu plus de 200 millions sur le budget 2020, le gouvernement a pris seul la responsabilité de mettre les enseignants, les AESH et les élèves dans des situations inadmissibles et malheureusement prévisibles. Faute de remplaçants, les élèves des enseignants absents ont été répartis dans les autres classes - ce qui est inacceptable et ne peut que contribuer à dégrader les conditions de travail des personnels, les conditions d’apprentissages des élèves et à faire peser des menaces sur leur santé. Depuis le 26 avril, les élèves sont renvoyés chez eux quand leur enseignant est absent. C’est une remise en cause du droit à l’instruction, qui n’est pas plus acceptable que la multiplication des classes bondées faute de remplaçants. Cette nouvelle mesure a engendré une nouvelle fois la désorganisation dans les écoles, de la charge de travail supplémentaire pour les directeurs d’école devant appeler en urgence l’ensemble des familles d’une classe tout en accueillant les élèves, des tensions tout à fait inutile entre IEN, enseignants et parents d’élèves. Tout cela aurait pu être évité si des milliers de postes avaient été créés, comme nous le martelons depuis mars 2020.
Pour le SNUDI FO, les personnels n’ont ni à enseigner dans des classes surchargées au mépris de leurs conditions de travail et de leur santé, ni à chasser des élèves de l’Ecole Publique, ni à organiser la garderie au sein de l’école.

Concernant la revalorisation salariale, le Grenelle de l’an dernier ne permet qu’à 1/3 des enseignants de bénéficier d’une minuscule augmentation salariale. Les mesures annoncées cette année ne prévoient toujours pas une augmentation salariale indiciaire pour tous les enseignants, mais uniquement des remises en cause de notre statut.

Dans ce contexte, de nombreux enseignants souhaitent quitter la profession, parfois allant jusqu’à une rupture conventionnelle. Nombreux sont ceux qui souhaitent pouvoir prendre un peu de recul avec une mise en disponibilité d’un an, ou un temps partiel pour créer une entreprise ou faire des études. Mme la Directrice Académique, vous leur refusez ce droit depuis des années. Aujourd’hui nous allons examiner le recours de deux enseignants demandant un temps partiel sur autorisation.

Beaucoup de collègues ayant demandé un temps partiel de droit pour élever un enfant de moins de 3 ans avec une quotité de service à 80% n’avaient le 30 juin toujours pas obtenu de réponse à leur demande. Alors que le coût de la vie dans les Hauts-de-Seine est exorbitant au vu de nos salaires, que les places en crèche manquent cruellement, réduire le droit au 80% est une décision abjecte, qui va condamner plusieurs centaines de collègues – en majorité des femmes évidemment – à amputer davantage leur niveau de vie pour garder leurs enfants. A une semaine des congés d’été, les collègues sont toujours dans l’attente de votre décision, et ne peuvent pas se projeter sur l’année scolaire prochaine. Cela est inacceptable, cela ressemble à une provocation montrant le mépris que vous avez à l’encontre de vos subordonnés. Nous ne comprenons toujours pas la nécessité pour vous d’enlever pour les professeurs des écoles le droit à temps partiel avec une quotité à 80%. Nous vous demandons à nouveau d’accorder à tous les enseignants le souhaitant la quotité à 80%. Nous ne pouvons accepter le nouveau recul d’un droit pour nos collègues, dans un département prison duquel ils ne peuvent pas sortir.

Cette année, les collègues à 80% ont remplacé 7 jours dans l’année les enseignants contraints de participer au plan français ou mathématiques imposés par le ministre. Cela a permis à l’administration de remplacer les collègues en formation à raison de 12h sur le temps de classe. Comment cette année, allez-vous permettre au millier de collègues inscrits arbitrairement dans ces formations de bénéficier de ces 12h de formation sur le temps de classe avec uniquement 50 jours de remplacement par des brigades formations, soit environ 18 min par enseignant ? Le SNUDI FO continue de demander l’abandon des formations constellations, qui ne répondent en rien aux revendications de nos collègues en matière de formation.

A l’ordre du jour de cette CAPD, l’examen du recours d’une collègue pour son appréciation finale suite à un rendez-vous de carrière. Pour le SNUDI FO, la mise en place concrète de PPCR, que FO a refusé de signer, révèle au grand jour l’abandon de critères objectifs, de promotions basées sur des critères transparents et contrôlables par une CAPD, pour leur substituer l’opacité, l’arbitraire et le règne des quotas.

Avec PPCR, les enseignants ne rentrant pas dans les micro quotas autorisés par Bercy ne pourront être évalués « excellents ». Imaginez un monde formidable où les enseignants rempliraient les LSU avec des quotas : « Pierre, tu as réussi toutes tes évaluations, mais je te mettrai seulement « en cours d’acquisition » car j’ai déjà attribué « acquis » à 30% de la classe. » Quel inspecteur accepterait ce type d’évaluation pour les élèves ? Aucun ! C’est pourtant ce système d’évaluation qui est mis en place par PPCR et que subissent nos collègues !

Les collègues subissent des conditions de travail dégradées, un point d’indice gelé et avec PPCR leur appréciation est fixé de manière pérenne par des ratios, les empêchant d’accéder à la hors classe.

Le SNUDI Force Ouvrière revendique toujours
- Le retrait du Protocole Parcours Carrières et Rémunérations, véritable machine à démoraliser et à humilier les collègues ;
- Une formation maintenue dans le cadre réglementaire en vigueur, c’est-à-dire sur le temps de travail, sur 36 semaines et choisie par les collègues ;
- Le droit à choisir sa quotité de temps partiel ;
- Le droit à prendre une disponibilité ou temps partiel sur autorisation sans contrainte ni pression ;
- Le recrutement immédiat et massif d’enseignants titulaires et AESH pour couvrir les besoins en remplacement, permettre le respect du droit à temps partiel et à mutation, faire baisser les effectifs d’élèves dans les classes.

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