Le 15 décembre dernier, les organisations syndicales ont été réunies par le DASEN pour un groupe de travail (GT) au sujet d’un projet départemental « qui entre dans un cadre national » sur la réorganisation du dispositif des remplacements.
Les organisations syndicales ont fait alors une lettre intersyndicale au DASEN exprimant, de manière unitaire leur inquiétude et surtout, leur refus.
Le 20 janvier, les OS ont été reçues en audience intersyndicale par le DASEN qui, à ses dires, partage nos craintes. Mais point question de rester sur le dispositif actuel : « on serait le seul département ! »
De GT, il n’y en a pas eu, encore une fois. Il s’agissait de présenter ce qui a été décidé au niveau national et de nous faire croire qu’il s’agit d’une « amélioration du dispositif de remplacement » en l’adaptant aux spécificités locales, c’est-à-dire départementales. Or, d’emblée, on nous parle d’un format unique sur tout le territoire national, avec une mise en place dans le 92 dans à peine quelques mois. Dans l’académie, les trois autres départements seraient, aux dires du DASEN, plus avancés que le 92 !
Pour le SNUDI-FO 92, il s’agit d’une volonté de réduire davantage le dispositif de remplacement. Cela s’inscrit en parfaite continuité avec la disparition des ZIL (Zone d’intervention limitée), ces postes de remplacements de courtes durées, il y a une décennie, suivie entre-temps de la circulaire ministérielle de 2017, elle-même nommée « amélioration du dispositif de remplacement » en dissuadant les enseignants de s’absenter.
Un nouveau poste sera créé, et il sera unique : TR-ZRD, pour Titulaire Remplaçant en Zone de Remplacement Départementale. Tous les autres postes de remplacements, quels qu’ils soient, sont supprimés au prochain mouvement. Nous sommes en janvier, arrive dans quelques semaines le mouvement, et les collègues sur des postes de remplacements vont devoir choisir : accepter ce que leur impose l’administration ou postuler à un poste d’adjoint.
L’administration nous fait le décompte des postes actuels de remplacements sur le 92 :
692 en tout, dont 98 contractuels, et 335 postes à titre définitif :
• 454 remplaçants de circonscription
• 222 brigades départementales
• 15 TR REP+
• 1 brigade école européenne (un contractuel anglophone qui intervient à Courbevoie)
L’administration nous parle d’un temps d’échange, qui in fine ne portera que sur les conditions de participation au mouvement – sans pour autant que les OS n’en sachent plus.
Pour les 222 brigades départementales, il n’y aura pas d’impact ; leur école de rattachement ne sera pas changée. Les collègues seront informés mais n’auront pas l’obligation de participer au mouvement.
Les difficultés sont pour les collègues remplaçants REP+ et pour les collègues remplaçants titulaires de circonscription. Ils devront obligatoirement participer au mouvement. Tous, sauf rappelons-le, les contractuels qui ne participent pas au mouvement.
Lors de l’audience du 20 janvier, le DASEN a insisté sur la nécessité de ce nouveau dispositif : celui actuel crée des inégalités de remplacement en raison de « frontière » entre les circonscriptions et les bassins. Il nous est ainsi fait croire qu’il y aurait des remplaçants qui resteraient sans rien faire alors qu’à 300 mètres, il aurait des situations difficiles … mais impossible de faire déplacer le remplaçant au-delà d’une certaine zone ! Le DASEN poursuit et révèle la véritable intention : un logiciel commun à toutes les circonscriptions – ce qui n’est pas le cas actuellement, ce qui, dit-il, ne changera pas la gestion des remplacements.
Pour le SNUDI-FO92, on est loin d’être aussi catégorique : ce logiciel permettra à la direction académique de garder la main et d’aller éteindre un incendie dans telle ou telle zone ! Car il nous est précisé que les logiciels actuels comme ARIA+ donnent des bilans de situation qu’après que les circonscriptions aient toutes rentré leurs situations … Avec le nouveau logiciel, ce sera en temps réel.
A la question, quand arrivera ce logiciel, l’administration répond qu’on n’a pas encore le calendrier, peut-être en novembre 2026, sinon mars 2027 voire mai 2027. Il est actuellement en phase de test dans une quinzaine de département.
Il est bien loin le temps où le remplaçant arrivait dans son école de rattachement et prenait alors connaissance de l’école sur laquelle il allait devoir s’y rendre ! Maintenant, le remplaçant doit avoir un ordinateur, une connexion, un téléphone portable … le tout personnel, car l’administration ne fournit rien, et prendre connaissance de chez lui de l’école où il devra se rendre. Afin bien sûr d’y être à 8 h 30 précises ! C’est une nouvelle « amélioration » du dispositif de remplacement, avec une spécificité que, même si le remplaçant est sur une école de rattachement, il n’y aura plus de frontière au sein du département. Bien sûr, l’administration se veut rassurante : le remplaçant pourra prendre connaissance de ses courriels et de ses ordres de mission en arrivant à son école de rattachement : il devra y allumer un ordinateur de l’école.
Face aux suppressions de postes, aux difficultés de recrutements dans notre académie, à la dégradation vertigineuse du nombre de journées non-remplacées, face au ras-le-bol des collègues qui voient d’autres élèves arriver dans leur classe, … et les familles mécontentes de situations qui durent plusieurs semaines : la création des TRZRD est une suite logique. Quelle priorité sera donnée : le mécontentement des familles – ou de certaines familles plus virulentes ? Et quelle sera dans quelques années la nouvelle étape : la suppression des frontières départementales ?
Pour le SNUDI-FO92, tout ceci est brutal et ne peut pas permettre aux collègues de s’organiser dans leur vie familiale et privée. De plus, comment se rendre avec les difficultés de déplacement et de stationnement dans telle ou telle ville ? Faudra-t-il y aller en vélo ?
Pour le DASEN, les préoccupations syndicales vont dans le même sens que celles de son administration. Car le rappelle-t-il de nouveau, il ne s’agit pas de changer la gestion des remplacements, mais leur support … Pourtant, il affirme ensuite que les moyens humains ne suffisent pas : il faut améliorer l’efficacité des remplacements. Donc … on parle bien de la gestion ?
Pour les REP+, qui concernent 15 collègues, face à l’unité syndicale, le DASEN dit qu’il n’y aucun intérêt à casser cette dynamique qui a fait ces preuves d’efficacité. Pourtant il affirme aussitôt que les collègues ne remplacent pas toujours dans des écoles REP+ – alors que la prime est annualisée.
On serait le département ayant un taux de remplaçants parmi le plus élevé de l’Ile-de-France. Sur les 692 postes, en tout, dont 98 contractuels et il nous dit ensuite que 54 postes sont encore à l’heure actuelle vacants.
Selon le DASEN, notre département serait à la traine dans la mise en place des nouveaux dispositifs nationaux – raison pour laquelle ce serait plus douloureux alors que cela ne le serait pas le cas pour les autres départements – or, vu la mobilisation massive des SNUDI-FO à travers toute la France, force est de constater que les collègues refusent catégoriquement cette réorganisation !
Alors quelles seraient les bonifications impactées par cette ienne réorganisation ? Rien n’est encore décidé. De temps d’échange, on ne peut pas dire qu’il s’en s’agit d’un.