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Tant qu’il y a un risque sanitaire, les écoles ne doivent pas rouvrir !
Publié le 27 avril 2020 | Christophe Attias

Communiqué du SNUDI FO 92 – 21 avril 2020 Tant qu’il y a un risque sanitaire, les écoles ne doivent pas rouvrir !

Le bureau départemental du SNUDI-FO 92 réuni le 21 avril 2020 s’adresse à tous les personnels.

Emmanuel Macron a fixé provisoirement la fin du confinement au lundi 11 mai, indiquant que « les crèches et établissements scolaires (écoles, collèges, lycées) rouvriront progressivement » à partir de cette date. »
Mardi 14 avril, le Ministre Blanquer a précisé que « Tout ne va pas se passer du jour au lendemain », « il y aura de très grands aménagements, il faudra gérer les espaces, le nombre d’élèves dans les couloirs, dans les cours de récréation, etc. » et se donne deux semaines pour préparer un plan de reprise progressif !

Une réouverture des écoles pour les élèves en difficulté ? Qui peut le croire avec la carte scolaire du 92 ?

Le 12 mars, le président Macron présentait aux Français la fermeture des crèches et des établissements scolaires au motif que « nos enfants et nos plus jeunes, selon les scientifiques toujours, sont celles et ceux qui propagent, semble-t-il, le plus rapidement le virus, même si, pour les enfants, ils n’ont parfois pas de symptômes.  » Le 13 avril, faisant fi de ce qu’il déclarait un mois plus tôt, il ose maintenant justifier cette réouverture prématurée : « La situation actuelle creuse des inégalités. Trop d’enfants, notamment dans les quartiers populaires et dans nos campagnes, sont privés d’école sans avoir accès au numérique et ne peuvent être aidés de la même manière par les parents. (...) C’est pourquoi nos enfants doivent pouvoir retrouver le chemin des classes.  »

Le SNUDI-FO 92 rappelle, qu’en pleine période de confinement, le gouvernement Macron Blanquer n’a pas accordé le moindre poste d’enseignant au département, et en a même supprimé 9 tout en programmant pour la rentrée prochaine : 150 fermetures de classes contre 113 ouvertures, soit un solde de 37 fermetures !

Tous ceux qui sont attachés au droit à l’instruction et qui se refusent à voir une génération entière d’enfants purement et simplement sacrifiés ne peuvent que s’élever contre une telle forfaiture et exiger, non seulement l’abandon de toutes les fermetures, mais aussi que soit attribuée une dotation exceptionnelle de postes d’enseignants supplémentaires pour toutes les écoles du département, particulièrement dans les quartiers où les difficultés sociales sont les plus importantes, pour organiser des dédoublements de classes dans beaucoup de niveaux, des petits groupes, des séances personnalisées, des suivis individuels pour rattraper les inégalités qui se seront inévitablement creusées, pour permettre à des milliers d’enfants de redevenir des élèves et de reconstruire l’Ecole.

Les gestes barrières et la distanciation sociale sont insuffisants pour envisager de rouvrir les cinémas, les restaurants et les théâtres, mais il serait possible de rouvrir les écoles ?

Le gouvernement décide de maintenir la fermeture des universités qui n’accueillent que des adultes pouvant respecter les gestes barrières, mais par contre il n’y aurait aucun problème pour accueillir des enfants de 3 à 11 ans dans des groupes scolaires ? De qui se moque-t-on ?

Depuis plus d’un mois, dans notre département, comme partout en France, alors que l’accueil des enfants de soignants s’effectue dans de tout petits groupes et dans un nombre réduit d’écoles, l’Education Nationale a été dans l’incapacité de fournir aux enseignants volontaires le matériel de protection (masques, gel hydroalcoolique, ...),ni même de leur donner des consignes claires à respecter afin de se protéger et de protéger les jeunes enfants dont l’accueil nécessite pourtant des dispositions particulières. Rien de concret n’a été organisé pour s’assurer d’une désinfection des locaux d’accueil plusieurs fois par jour. Les agents territoriaux présents n’ont pas de protection non plus. Certains collègues volontaires ont donc été atteints du COVID-19, et des enfants de soignants ont été contaminés. Et le Ministre vient d’annoncer que, ce qu’il ne fait pas depuis un mois pour un très petit nombre d’enfants dans très peu d’écoles, il le fera dans 4 semaines pour toutes les écoles et 13 millions d’élèves et un million d’enseignants, alors que rien n’est prêt ! La DASEN a annoncé lundi 20 avril au CDEN que 15 000 masques auraient été livrés : où sont-ils ?

11, 18, 25 mai : quelles garanties ?

Mardi 21 avril, le Ministre Blanquer a annoncé devant les députés de la commission de la culture et de l’éducation les modalités d’un retour progressif à l’école :

  • • La semaine du 11 mai : retour des élèves de GS, CP et CM2 par groupe de 15 maximum, mais pas dès le lundi, qui serait réservé à une prérentrée des enseignants ;
  • • La semaine du 18 mai : retour des élèves de 6ème et de 3ème pour le collège et de 1ère et de terminale pour le lycée, les élèves de lycée professionnel commenceront immédiatement par les ateliers individuels ;
  • • La semaine du 25 mai : retour de tous les élèves avec un plafond d’accueil maximum de 15 par classe.

Des groupes de 15 élèves ? Que feront les autres ? Le Ministre aurait recours aux Maires, pour alterner les groupes dans la journée ! Les enseignants auront-ils la double charge de l’enseignement en présentiel et en distanciel ?!

Quoi qu’il en soit, pour FO, le cadre national de l’Ecole publique et l’égalité de traitement entre tous les élèves n’autorisent pas une réouverture à géométrie variable ! Le gouvernement doit prendre ses responsabilités : nous n’irons pas au casse-pipe sans protection !
De même, FO s’opposera à toute remise en cause des obligations réglementaires de service des personnels.

Pour le SNUDI-FO 92, tant qu’il y a un risque sanitaire, les écoles ne doivent pas rouvrir. Il est impossible d’exposer les enfants et par conséquent leurs familles, les enseignants et de transformer les groupes scolaires en « incubateurs à coronavirus » pour satisfaire les appétits des actionnaires, plutôt que de protéger la population.

Parce que notre seule règle est la défense des personnels et leur protection face à la déréglementation que tente d’imposer le Ministère à ses personnels,

Parce que la force d’un syndicat, c’est le nombre de ses adhérents, nous vous invitons à rejoindre le SNUDI-FO 92

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