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Pétition SNUDI FO 92 SUD Education 92 CGT Educ’Action 92 contre le PPCR et le projet d’évaluation des enseignants
Publié le 29 novembre 2016
Pétition contre l’évaluation et PPCR SNUDI FO CGT SUD

L’évaluation des enseignant-e-s ne doit pas voir le jour : la ministre doit y renoncer.

La ministre a décidé de refondre l’évaluation des personnels enseignants. La notation chiffrée serait remplacée par une évaluation fondée sur une inspection et deux entretiens professionnels reposant sur une grille de 11 items, dont les critères sont pour l’essentiel éloignés de l’enseignement, et s’appuyant sur un référentiel de compétences professionnelles qui comporte 70 entrées !
Ce projet va de pair avec la mise en place d’un « accompagnement » des personnels qui peut être imposé par la hiérarchie et n’aurait plus grand-chose à voir avec la formation continue, et renforce le contrôle de la hiérarchie sur nos collègues au détriment de leur liberté pédagogique.

Le « protocole » PPCR, transposé aujourd’hui dans l’Éducation nationale, c’est l’individualisation des carrières, l’arbitraire et la poursuite d’une politique de baisse de la masse salariale. Nous refusons ce projet dangereux, inacceptable qui obéit à la même logique que celle du décret Chatel de 2012 qui avait été abrogé après l’élection de François Hollande, suite à la mobilisation des personnels appuyée sur l’action commune des organisations syndicales.
Le projet ministériel instaure une classe exceptionnelle, qui est en réalité un « grade à accès fonctionnel ».
Lors de l’introduction de ce type de grade dans la Fonction publique de l’État en 2010 par le gouvernement Sarkozy, toutes les organisations syndicales, à l’exception de la CFDT, s’étaient prononcées contre.
En voulant valoriser l’exercice de fonctions particulières et l’évaluation, la classe exceptionnelle est la promotion à la « tête du client » et un renforcement de l’inégalité salariale. Il sera réservé à une toute petite minorité et ne sera accessible que pour 10 % de l’effectif d’un corps, dont 8 % justifiant de fonctions particulières. Seuls 2 % des personnels, ayant « fait preuve d’une valeur professionnelle exceptionnelle », pourront y accéder. C’est donc 90 % de l’effectif d’un corps qui en sera irrémédiablement exclu.
De plus, les 10 % du corps ne seront atteints qu’en 2023 ! Là encore, rien ne dit que les dispositions actuelles ne seront pas encore plus orientées vers des promotions uniquement au mérite !
De plus aucune garantie n’est donnée sur un déroulement de carrière sur deux grades (classe normale et hors classe) pour la totalité des collègues.
La « revalorisation » des grilles indiciaires dont se targue la ministre est en fait un miroir aux alouettes.
D’autre part, la CAP est mise sur la touche : elle ne pourra qu’entériner les résultats de l’évaluation sans aucune possibilité de contrôle sur la base d’un barème chiffré et le droit au recours devient théorique.

L’intégration partielle des primes et indemnités minore d’autant le montant de la hausse réelle et est très loin de compenser les 14 % de pertes de niveau de vie subies par les enseignant-e-s qui restent parmi les plus mal payé-e-s d’Europe selon les chiffres de l’OCDE.

Le projet de la ministre Vallaud-Belkacem sur l’évaluation des enseignant-e-s ne doit pas voir le jour : la ministre doit y renoncer.

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