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Déclaration du SNUDI FO 92 à la CAPD d’installation le 20 janvier 2015
Publié le 26 janvier 2015

Déclaration du SNUDI FO 92 à la CAPD du 20 janvier
2015

Aujourd’hui a lieu l’installation de la nouvelle CAPD issue du résultat des
dernières élections professionnelles dans l’éducation nationale. Elections
qui ont eu lieu également dans les trois versants de la fonction publique.

Pour ce qui concerne la Fédération de l’Education nationale FO, celle-ci a vu sa
représentativité progresser de près de 15 500 voix supplémentaires, FO
progresse dans toutes les catégories de l’éducation nationale notamment dans le 1er degré où nous gagnons plus de 7000 voix et obtenons 31 sièges
supplémentaires dans les CAPD…

Ces résultats expriment l’attachement des enseignants du 1er degré au
syndicalisme fédéré et confédéré incarné par la CGT-Force Ouvrière.

Dans notre département, comme d’ailleurs dans toute notre académie, la
progression de FO est importante… le SNUDI-FO 92 enregistre une
progression de près de 4 points.

L’éducation (et ce qui lui reste de national) subit comme toutes les autres fonctions publiques, la politique de rigueur et d’austérité imposée, entre autre, par le pacte de responsabilité.
En votant pour une organisation confédérée indépendante qui n’a pour seul
intérêt que la défense inconditionnelle de leurs droits et garanties statutaires
quelle que soit la couleur politique du gouvernement en place, les enseignants ont tout simplement exprimé leur rejet de la réforme des rythmes scolaires et du processus de territorialisation de l’école qui en découle.

Ils ont exprimé leur rejet de la refonte de la carte de l’éducation prioritaire qui
remet en cause leurs conditions de travail déjà précarisées par les multiples
mesures de carte scolaires imposées ces dix dernières années par la LOLF et la
RGPP devenue la MAP et plus largement leur rejet de toutes les contre-réformes
qui découlent de la mise en oeuvre de la loi de refondation de Vincent Peillon, qui n’est ni plus ni moins que l’austérité appliquée à l’école publique !

Ils ont exprimé leur refus de voir livrer l’école publique aux appétits des
lobbies politiques ou associatifs dont l’intérêt des élèves est le moindre
souci…

Ils ont exprimé leur volonté de voir satisfaire leurs revendications…ils ont
également et surtout exprimé leur volonté de rester fonctionnaires de l’Etat.

Il est à noter au passage, que ces élections confortent la première place de FO dans toute la fonction publique de l’Etat, preuve en est (et si besoin en était) que c’est dans tous les ministères que s’est exprimé le rejet de la politique d’austérité qui détruit méthodiquement tous les acquis du Conseil National de la résistance : statut de la fonction publique, sécurité sociale, régimes spéciaux de retraite, paritarisme…

Faut-il rappeler ici ce que disait Denis Kessler, n°2 du MEDEF, en 2007, sous le titre « Défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance » : « le modèle français est le pur produit du CNR… Il est grand temps de le réformer et le gouvernement s’y emploie » … Ces paroles sont hélas d’une brûlante actualité…

Pour faire passer ces contre-réformes, on nous a expliqué que depuis des années, l’école publique (résultats PISA à l’appui et dont on pourrait questionner la légitimité) fabriquait de l’échec scolaire et que, désormais, avec la loi de refondation du Ministre Peillon, notre école deviendrait « bienveillante » ! Passons sur la signification de ce terme qui est pour le moins méprisant pour le travail accompli depuis des décennies par les maîtres de l’école publique et pour les IEN qui ont jugé leur travail….

Pour nos Ministres l’école « bienveillante », ce serait donc :

- la réforme des rythmes scolaires dont personne n’a démontré, et pour cause, que l’intérêt des élèves commande que ceux-ci soient différents d’une commune à l’autre, voire entre les écoles d’une même commune et que désormais les horaires des PE soient définis par les élus politiques dans le cadre des PEDT….
Ces PEDT pour lesquels les « services de l’Etat » (sans préciser lesquels) seront mis au service et à disposition des élus afin qu’ils apportent leur expertise et leurs conseils pour favoriser la mise en place d’activités périscolaires contribuant à une politique locale de réussite éducative ! Dans le dernier BO consacré aux PEDT new look, il est précisé, je cite : « La cohérence entre le programme d’activités périscolaires et les projets d’école sera recherchée ; à cette fin, les directeurs d’école doivent être consultés lors de l’élaboration du PEDT. En outre, dans le cadre de l’élaboration du projet d’école à laquelle il est associé, le conseil d’école donne un avis sur le programme d’activités périscolaires, comme le prévoit l’article D. 411-2 du Code de l’éducation. (il est à noter qu’à aucun moment, la nouvelle circulaire sur les PEDT ne fait apparaître le terme éducation nationale, faut-il s’en étonner ?…).

- L’école « bienveillante », ce serait aussi la remise en cause de l’éducation prioritaire….En effet, sous prétexte de refonte de la carte de l’Éducation prioritaire, le ministère a programmé l’exclusion d’un grand nombre de collèges et d’écoles en RRS de ce dispositif. La circulaire 2014-077 du 7 juin 2014 le précise nettement : « certains collèges et les écoles de leur secteur (…) n’ont plus de raisons de bénéficier des mêmes efforts de la nation (sic) tant les situations sociales qui étaient difficiles antérieurement ont pu évoluer favorablement ». Alors que le taux de chômage ne cesse de s’aggraver et que les familles vivent des situations de plus en plus dramatiques, on ose nous parler d’évolution favorable dans les écoles actuellement classées en éducation prioritaire et qui vont en sortir ! Mais que vont devenir ces écoles et les élèves qui y sont accueillis ? Nationalement ce sont 1 400 écoles qui devraient être concernées !

Pour FO, Il s’agit en réalité de réduire le nombre de collègues touchant l’indemnité de sujétions spéciales ZEP (dont le montant annuel est actuellement de 1155,60 euros). Le tout pour diminuer le « surcoût » de l’éducation prioritaire qu’un rapport de l’Éducation nationale chiffrait à 1 milliard d’euros soit 15 000 ETP. Précisons par ailleurs que dans les REP+, les enseignants ont une décharge d’heures de cours de 18 demi-journées par an. Mais ces décharges flexibilisent leurs horaires et représentent une charge de travail et de réunions supplémentaires qui ne rentreraient plus dans le cadre des 108h, notamment pour les directeurs d’écoles. Les REP+ créent le cadre d’une déréglementation complète de leur statut particulier de professeur des écoles.

- L’école « bienveillante », c’est la redéfinition des missions des directeurs qui loin d’être allégées sont au contraire aggravées par les multiples missions dont ils vont être responsables et qui sont inscrites dans le nouveau référentiel métier publié le 11 décembre (responsabilités pédagogiques, responsabilités relatives au fonctionnement de l’école, responsabilités dans les relations avec les communes, les parents et les autres partenaires de l’école dont les élus politiques, notamment dans le cadre du PEDT), et qui vont, de fait, en faire les vecteurs ou les relais des projets politiques locaux remettant ainsi en cause leur indépendance pédagogique et professionnelle inscrite dans leur statut de PE, fonctionnaires d’état.

Pour le SNUDI-FO, l’école « bienveillante » de la loi de refondation, c’est en réalité la marche forcée vers la dénationalisation de l’école publique qui s’inscrit dans le processus engagé dans le cadre de la réforme des collectivités territoriales, remettant en cause tous les droits inscrits dans les statuts nationaux actuels.

C’est la fin de l’école républicaine qui devrait laisser sa place à l’école des territoires, vecteur d’inégalités pour les élèves…

Cette école-là, les personnels n’en veulent pas ! FO non plus !

Pour le SNUDI-FO, une école « bienveillanune école « bienveillante » c’est d’abord la suspension immédiate de la réforme des rythmes scolaires qui n’en finit pas de faire des ravages dans les écoles, qui créé désordre, confusion et désorganisation, qui livre l’école aux appétits des lobbies politiques ou associatifs locaux divers et variés….

Pour le SNUDI-FO, l’école « bienveillante » c’est répondre immédiatement à toutes les revendications des personnels par la création de tous les postes nécessaires au bon fonctionnement des écoles et pour abaisser les effectifs dans les classes (postes spécialisés, postes adaptés, postes de remplaçants, postes de CLIN etc.), aux revendications des enseignants des écoles qui sortiraient de l’Education prioritaire et par l’augmentation de nos salaires.
L’installation de cette nouvelle CAPD des PE et des instituteurs des Hauts-de-Seine est donc l’occasion pour FO de rappeler son attachement à l’existence de corps nationaux de fonctionnaires d’Etat, dont cette CAPD est une expression.

Pour Force Ouvrière, l’existence du service public républicain, l’existence de l’école publique est indissociable de celle de fonctionnaires d’Etat, indépendants des pouvoirs et des lobbies locaux.

Pour le Snudi FO, l’existence de l’enseignement public est indissociable de l’existence d’un corps d’enseignants assurant ce service public.

C’est le mandat que nous ont confié nos collègues, c’est ce mandat que nous défendrons inconditionnellement dans cette instance et dans toutes les instances où le statut et les droits des personnels seraient menacés !

D’autre part, lors de la réunion des Fédérations syndicales le 12 janvier, la fédération FO a confirmé le point de vue de sa confédération condamnant sans réserve les odieux attentats et prises d’otages et renouvelé son attachement à la liberté de la presse en toutes circonstances, élément constitutif des libertés démocratiques. Force Ouvrière a exprimé toute sa solidarité envers les victimes et leurs familles.
La réponse à apporter aux dramatiques évènements passe par le rétablissement de la laïcité et le respect des garanties statutaires des personnels qui seul peut rétablir pour tous les salariés du ministère la confiance dans leurs missions sans laquelle ils ne pourraient faire face à la situation. La responsabilité des parents et les responsabilités de l’école sont distinctes, et il faut respecter cette distinction.

Déclaration concernant la partie des promotions

Le 1er janvier 2015, la retenue pour pension passe de 9,14 % à 9,54 % en application des contre-réformes des retraites Sarkozy (2010) et Hollande (2013). A la fin du mois, notre salaire net baissera donc une nouvelle fois, aucun rattrapage de l’inflation n’étant par ailleurs intervenu depuis 2010.
Mais tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. L’arrêté ministériel du 23.12.2014 porte le montant annuel de la part fonctionnelle fixe de l’« indemnité de responsabilité » des recteurs d’académie de 15 200 € à 25 620 € à compter du 1er janvier 2015, soit une hausse de 10 420 € par rapport à 2010, soit plus 68 % en 4 ans !

Les recteurs bénéficient aussi d’une part variable « en fonction de leur manière de servir et des objectifs atteints » qui peut s’élever à 45 % du montant annuel de la part fixe, soit un nouveau bonus de 11 529 €...

Un recteur d’académie pourra donc percevoir chaque année une prime comprise entre 25 620 € (l’équivalent du salaire net annuel d’un Professeur des Ecoles à l’échelon 9) et un « jackpot » de 37 149 € (l’équivalent du salaire net annuel d’un Professeur des Ecoles au 7ème et dernier échelon Hors classe, que seule une infime minorité de nos collègues peut espérer atteindre en fin de carrière).

Pour l’entourage de la ministre Najat Vallaud-Belkacem : « Ce n’est ni une fleur ni un cadeau fait aux recteurs. On rectifie une anomalie, car les recteurs gagnaient moins que leurs subordonnés - inspecteurs d’académie et secrétaires généraux » ; « La fonction a beau être passionnante, il n’est pas normal de devoir travailler plus, avoir davantage de responsabilités et gagner moins. »

En matière d’« anomalie », rappelons à la ministre que la réforme des rythmes a conduit à ce que, je cite l’ex-Ministre Peillon, qui a dit d’une manière cynique ou peut-être ironique (mais en tous les cas intolérable pour FO), le 14 octobre 2012 sur France Inter, lors de l’émission « tous politiques » « Les professeurs des écoles sont quand même les seuls à qui on va demander de travailler 40 jours de plus par an sans les payer davantage »….

Face à de tels propos indignes d’un Ministre et alors que notre profession se paupérise et que des PE, au bout de 10 ans de carrière, ne gagnent même pas 1800 euros par mois, FORCE OUVRIERE revendique une revalorisation immédiate de 8% de la valeur du point d’indice gelée depuis 2010, l’attribution uniforme de 50 points, et le rattrapage des pertes de pouvoir d’achat depuis 2000 par rapport à l’inflation !

Pour ce qui concerne les promotions, qui sont la seule possibilité aujourd’hui pour un PE de pouvoir espérer une légère augmentation de son salaire, le SNUDI-FO réaffirme son exigence d’un avancement qui soit le même pour tous, sur la base de l’avancement le plus rapide, c’est-à-dire au grand choix afin que tous les PE puissent accéder au dernier échelon de la hors classe avant leur départ à la retraite.

cale




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